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25 mars 2006

Les français n'aiment pas leurs entrepreneurs

ntC'est malheureusement l'état d'esprit dominant en France. Il n'y a qu'à regarder les revendications des jeunes (et moins jeunes) dans les rues (ceux dont on parle en tout cas), faisant passer les "patrons" pour des exploiteurs, prêts à profiter de tout salarié qui passe, à le licencier dès que c'est possible, etc...

J'ai dans toute ma vie d'entrepreneur salarié plus de 60 personnes. Et j'en ai licencié 4, essentiellement pour raisons économiques (indépendemment des récents problèmes), et toujours à contre-coeur, car c'est un capital humain qui disparait de l'entreprise.

Dans mes deux entreprises créées à ce jour, je suis parti à chaque fois de zéro et j'ai payé les salaires de tous ces gens pendant de nombreuses années. J'en suis très fier, et n'ai aucune honte à avoir salarié ces gens. J'ai toujours fait mon devoir de "patron" tout comme mes salariés faisaient leur devoir de "salariés". Et aucun d'eux ne pourra honnêtement me reprocher de l'avoir exploité, maltraité, licencié à tort ou quoi que ce soit d'autre. J'ai pu avoir des différents avec les uns ou les autres comme dans toute relation humaine, mais jamais je n'ai porté tort à l'un deux, bien au contraire, j'espère leur avoir apporté au moins autant qu'ils ont pu m'apporter, car la relation salarié/patron est à double sens.

Et tous mes amis entrepreneurs, et amis de mes amis, sont comme moi, je le sais, on en parle souvent.

Alors pourquoi un tel antagonisme dans la rue ? Lors de la bulle internet française (2000 à 2002) j'ai cru que cet état d'esprit anti-entrepreneur avait disparu, tellement je voyais de jeunes voulant créer leur entreprise et "gagner de l'argent". J'étais heureux comme tout en voyant enfin mes étudiants penser sérieusement à créer de la valeur, s'intéresser aux mécanismes économiques, à la bourse, etc.. Malheureusement le résultat ne fut pas là, et d'après ce que je vois en ce moment, c'est l'état d'esprit inverse qui a repris le dessus (65% des jeunes veulent entrer dans la fonction publique) !

Pourtant, me direz-vous, la France pousse ses chômeurs à créer des entreprises ! Oui mais ce qu'elle ne dit pas, la France, c'est que si ces futurs-entrepreneurs échouent, elle les laisse salement tomber. Aucune aide, pas d'indemnités chômages, pas de retards de salaires rattrapés, pas de primes de "licenciement" ni de prime d'ancienneté ni de solde de tout compte avec préavis et congés payés, aucune formation proposée, rien ! Entrepreneur = paria ! Normal me direz-vous, c'est le risque de l'entrepreneur. Oui, mais n'est-ce pas lui qui a créé la valeur économique qui a permis de payer les salariés de son entreprise ? N'est-ce pas lui qui a grandement contribué à ce que l'état puisse donner tous ces avantages aux salariés grâce aux charges sociales et aux impôts prélevés ? Alors pourquoi le considérer comme un moins que rien ?

Entrepreneur = profiteur = potentiellement riche = potentiellement injuste = il faut lui tirer dessus à boulet rouges dès qu'on peut ! S'il réussit, on lui prend le maximum de charges et d'impôts, s'il échoue, on le piétine à mort.

Donc, futurs entrepreneurs français, prenez toutes vos précautions si on ne vous l'a pas encore dit. Sachez que si vous échouez, ce n'est pas l'état qui viendra à votre secours contrairement à ce qu'on pourrait croire dans notre beau pays. Donc faites ce qu'il faut (assurances privées, etc...), car la vie risque d'être bien plus dure après qu'avant !

Pour en revenir à l'état d'esprit de pas mal de français, l'esprit de ces gens qui considèrent tous les patrons comme des voleurs et des exploiteuts, cet état d'esprit ne ressemble-t-il pas à celui d'un communisme primaire ? Nous sommes bien en 2006, non ? Même en Chine on ne pense plus comme ça !!!!! Ne subissons-nous pas 30 ou 40 ans de lavage de cerveau "social" ?

Je suis apolitique et ai toujours considéré qu'il y avait du bon et du mauvais d'un coté et de l'autre. De toute façon tous les partis ont été ces dernières années au pouvoir en alternance. Et pourtant rien n'a changé... Donc ça n'a pas l'air mieux d'un coté que de l'autre... Alors que faire ?

Je le redis, la France est un pays de grosses sociétés étatiques ou privées (parfois sans grande différence puisque ce sont souvent des ex-hauts fonctionnaires qui dirigent les boites privées), où tout est fait pour les salariés de ces boites (35h, congés payés, 13è mois, RTT, chèques vacances, chèques déjeuners, indemnités chômages, formations continues, et j'en passe...) alors que plus de la moitié de la population ne travaille pas dans ce type de structure, et où plus de 80 % des entreprises sont des PME/PMI dont la grande majorité ne peut pas se permettre de financer tous ces avantages et rester en même temps compétitive sur le marché mondial !

Se crée ainsi une fracture énorme entre ces deux populations, et une fracture hallucinante avec la réalité de notre monde, avec des desiderata inconciliables, et une jeunesse qui n'aspire plus qu'à avoir avantages de la première catégorie, celle qui vit le mieux, avantages pourtant bien illusoires dans les années à venir, car, et je terminerai par cela, la plupart de ces grosses boites privées font depuis plusieurs années une majorité de leurs chiffres d'affaires à l'étranger, et vont donc commencer à embaucher de moins en moins en France (et à licencier massivement), et de plus en plus à l'étranger, et que petit à petit cet oasis de "bien-être" salarial risque de devenir beaucoup moins drôle.

Plus le temps passe, plus le retour sur terre sera douloureux... Entre temps, nos entrepreneurs quittent la France par wagons entiers... Il parait (à vérifier) qu'il n'y en a jamais eu autant qui sont partis s'installer à l'étranger que pendant l'année 2005... Alors qu'au contraire c'est ce tissus de PME/PMI qu'il faudrait aider le plus à créer de la valeur en France, et donc à créer de l'emploi en France (cf. mon billet sur la flexibilité de l'emploi)...

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Voici les sites qui parlent de Les français n'aiment pas leurs entrepreneurs :

» Les entrepreneurs naiment pas les Franais de Campus liber
Ce titre procde bien videmment mais dlibrment dun amalgame et bien sr je nen pense pas un mot. Cependant, je commence en avoir plus quassez de voir que de telles gnralisations,... [Lire la suite]

Commentaires

Miguel,

Tu fais du Laurent Bervas ? ;-)

Tu te trompes lourdement et tu cites des chiffres basés sur tout autant de partis pris que leurs contraires. Lis ce sondage Tu pourras y lire que 70% des Français font confiance aux petites entreprises, celles que justement tu pointes comme créatrices d'emploi. Ils sont par contre très méfiants envers les grosses, qui elles en détruisent. Il faut être honnête dans de telles affirmations Miguel, et à réagir comme cela, même si c'est involontaire, tu n'aides pas à rapprocher les créateurs d'entreprises et les Français. Tu pourras aussi y lire que ce dont les Français se méfient le plus c'est la mondialisation de l'économie qui conduit notre société à se retrouver de plus en plus sous la coupe de décisions capitalistiques.

Voilà d'autres chiffres, ici ,qui t'informeront clairement sur la volonté d'entreprendre des Français. Je commence sérieusement à en avoir marre des "entrepreneurs" qui se déclarent mal-aimés des Français, cela frise la mauvaise foi. Si c'est de l'Etat et de la législation dont vous vous plaignez, n'en faîtes pas porter la responsabilité sur les "Français".

Les Français ne veulent pas être fonctionnaires comme tu l'écris et là tu interprètes mal le sondage, tu fais quasiment de la désinformation. Ce qu'ils craignent, tout comme n'importe qui, y compris les patrons, c'est l'insécurité. Si les employeurs créaient des emplois stables et non précaires ils n'auraient aucune raison de s'orienter vers le secteur public plutôt que privé. A lire de tels points de vue je me demande bel et bien lesquels n'aiment pas les autres...

Que tu aies ton opinion c'est ton droit le plus légitime mais s'il te plait, ne sois pas intellectuellement malhonnête et ne fais pas des "entrepreneurs" les calimeros de la société.

De plus tu te contredis toi-même puisque tu affirmes avoir toujours eu de très bons rapports avec tes employés, comment pourrait-ce être le cas si les Français n'aimaient pas leurs "entrepreneurs" ?

Mon hébergeur est en panne et je ne peux pas écrire un billet mais je t'en promets un très bientôt. Vous êtes de mauvaise foi lorsque vous affirmez de telles allégations.

J'aimerais bien que tu réagisses aux chiffres que je t'indique.

Je t'assure José que ce n'est pas de la mauvaise foi du tout ! Je ne fais que relayer ce que je vois et entends autour de moi ces derniers temps, dans un contexte assez particulier il faut le reconnaître, à la fois à titre personnel qu'à titre collectif avec le pb du CPE. Mais j'ai beau discuter avec énormément de gens, ils arrivent pratiquement tous à la même conclusion que moi, tellement ils ont de bâtons dans les roues en tant qu'entrepreneurs et tellement ils sont choqués par ce qu'on entend dire sur les "patrons" (qu'on prend donc pour nous, même si c'est parfois une généralisation trop rapide, bien que dans les faits, les idées restent).

Si ce n'est pas vrai, c'est très dommage, mais je le vis comme une réalité. Et l'intérêt de ces blogs, c'est de confronter ces réalités, et c'est pour cela que j'ai décidé d'en parler et de voir les réactions. Merci de la tienne.

Mais je ne fais pas du "calimero", et je pense que quand on passe par ce que nous avons vécu, il n'y a pas de "calimero" à faire, juste à instruire et transmettre pour éviter à d'autres de connaître les mêmes situations. En parallèle je reconstruit ma vie, et mon moteur personnel et familial est là.

Mais je préfère tout simplement prévenir mes quelques lecteurs voulant créer une entreprise qu'il vaut mieux qu'ils fassent gaffe, car ce que je viens de découvrir ces dernières semaines en me ballandant aux ASSEDIC, à l'ANPE et à l'APEC n'est pas des plus réjouissants cocnernant le statut d'entrepreneur ! Et ce que j'entends dans les interviews et lis dans les baderolles de tout un tas de gens dans la rue ne l'est pas mieux. D'ailleurs, pourquoi un entrepreneur "normal" qui échoue n'a-t-il pas le droit d'être traité comme un citoyen normal ? C'est peut-être une question bête, mais je me sens en droit de la poser...

J'aimerais justement que l'équilibre soit rétabli ainsi que le dialogue entre "salariés" et "entrepreneurs" au niveau national, c'est mon plus grand souhait. Je viens de plus d'écouter dans une revue de presse à la radio que pas mal d'éditorialistes de journaux, y compris de gauche, se posent la même question que moi concernant la relation de la France à ses entrepreneurs.

Sinon j'ai regardé le second lien que tu me donne (le premier ne fonctionne pas), c'est un sondage qui date de début 2004 (il a donc plus de 2 ans), où on y voit que 23% des personnes interrogées souhaitent créer une entreprise, contre 27% en 2002, 31 % en 2001 et 29% en 1999. Et que parmi eux, toujours à janvier 2004, les 18-24 ans sont 52% à dire avoir des dispositions à créer une entreprise (contre 56% en 2002).

Le premier constat que je fais, c'est que cela confirme bien ce que j'ai vu ces dernières années parmi mes étudiants et que relatais dans mon billet, il y a eu une période faste en 2000-2002, et depuis ça redisparait. Car les chiffres diminuent tous les ans depuis, c'est surtout cela que je retiens. Il faudrait avoir les chiffres de début 2006, soit 2 ans après ce sondage, pour confirmer ou non notre analyse. Si quelqu'un peut les trouver, ce serait très intéressant.

Quant aux 65% de jeunes souhaitant aller dans la fonction publique, je ne l'ai pas inventé, c'est un chiffre donné à plusieurs reprises sur les chaines d'information nationales suite à un sondage récent. Si quelqu'un peut le retrouver sur internet, ce serait bien également :-) Car s'il y a désinformation, je te garantis qu'elle ne vient pas de moi et je ne jouerai jamais à ce jeu...

Sinon tu as parfaitement raison de dire que cela dénote une inquiétude énorme concernant la précarité, mais je ne pense pas que les voies actuellement suivies soient celles qui permettent de résoudre à moyen et long terme ce problème de précarité. Mais c'est un autre débat.

Miguel,

Là ou je t'accuse d'une certaine dose de mauvaise foi c'est par le titre et l'amalgame qu'il comporte : "Les Français n'aiment pas leurs entrepreneurs". C'est de la généralisation, de l'amalgame et c'est cela qui me gêne parce que cela conditionne tout le propos de ton billet. Les Français aiment réellement leurs patrons. Je n'ai jamais nié les difficultés que rencontre tout créateur d'entreprise mais tu n'as pas le droit d'écrire que les rigidités administratives et l'appareil d'état, ce soient les Français. Le premier lien fonctionne très bien à partir de mon poste. Je t'en fournis le principal à retenir :

 

- 54 % des Français n'ont plus confiance dans les chefs d'entreprise

mais :

La suspicion concerne les grandes entreprises, les petites sont épargnées

71% des Français font aujourd'hui confiance aux petites entreprises, mais 40% seulement aux grandes entreprises, tandis que 59% ne leur font pas confiance.

Sur la suite il faut aussi apporter des nuances aux propos : les français ne disent pas vouloir être fonctionnaires mais rejoindre la fonction publique. S'ils s'expriment ainsi c'est pour la sécurité de l'emploi essentiellement, là où ils ont tort c'est que la fonction publique est une énorme pourvoyeuse, elle aussi, d'emplois précaires et que le statut de fonctionnaire est de plus en plus difficile à obtenir. Un autre sondage qui a été relayé abondamment concerne le fait que l'on demandait à des parents s'ils décourageraient leurs enfants à rejoindre la Fonction Publique et là ils répondent massivement oui mais la question n'a rien à voir ! En tant que professeur tu connaîs très bien l'importance de la question posée.

Analyse et Rapport détaillé

D'autres liens que tu peux explorer et dis-moi sincèrement si tu ne révises pas ton propos :

Chez IPSOS, deux liens : Synthèse et tableaux détaillés mais surtout lis bien les questions posées et ne te fie pas aux interprétations lapidaires que tu peux lire ici et là.

Tu y liras que ce sont en fait 67% et que ces 67% sont composés de 35% pour la Fonction Publique et 32% pour les PME. Ce n'est donc pas du tout 65% pour la Fonction Publique où ils aimeraient travailler !!! 

D'autres chiffres de 2004 dans "L'entreprise". 

Maintenant imagine que j'écrive mon prochain billet à ce sujet avec ce titre :

"Les entrepreneurs n'aiment pas les Français"

Qu'en penserais-tu ?

PS : les parents répondent à la question s'ils décourageraient leurs enfants à intégrer la Fonction Publique non massivement et pas "oui" comme je l'ai écrit.

J'adhère a 100% a ce que dit miguel ... et j'ai pris un des trains dont il parle pour m'installer au Maroc ou j'y accueil pas mal de mes amis entrepreneurs.

Les coupables ? une bande d'incapables qui nous dirigent et qui montent les français les uns contre les autres. Nous avons tout pour être un beau pays si il n'y avait pas ces réseaux qui nous gouvernent, jusqu'a ce que ...

Laurent,

Ce qui m'indispose dans vos propos c'est que vous assimilez l'appareil étatique et les difficultés à créer de l'emploi à une généralisation en employant des formules fausses telles que :

"Les Français n'aiment pas les entrepreneurs".

Si vous n'êtes pas capable d'admettre que de telles affirmations sont infondées avec les éléments que j'ai disposés (les as-tu lus au moins ?) et que vous, les "entrepreneurs" le pensez sincèrement alors c'est probablement que vous n'aimez pas les Français non plus. Je fais comme vous, je généralise.

Mais ce genre d'attitudes n'aidera pas à améliorer la situation en faveur des entreprises et ça c'est certain.

Miguel,

J'aimerais sincèrement que tu me donnes ta réaction aux informations que je t'ai communiquées et dont le fameux "65%" n'est qu'une désinformation utilisée par certains medias et d'autres personnes peu regardantes sur les sources de leurs affirmations pour transmettre de fausses idées.

J'aimerais aussi celles de Laurent et sans réponses, je considèrerai que vous êtes de mauvaise foi. Je fournis des sources et des preuves de ce que j'avance or, pour de telles affirmations vous ne le faites pas. Si vous exprimez des opinions il faut le préciser et non pas lancer des imprécations de façon.

Et si possible, j'aimerais des réponses sans détourner le débat ni le sujet de la question parce que ce genre d'idées reçues relayées par des gens sérieux me déplaît tout autant que lorsqu'elles sont tenues dans l'autre sens ou par des partisans du déclin de la France qui ne cherchent qu'à l'enfoncer. Et je ne parle pas de partager les opinions de Miguel ou non mais bel et bien les propos qui sont dans le titre et la première phrase du billet, qui conditionnent tout l'article.

En l'état de tension sociale actuelle, ce genre de choses a tendance à m'enerver plus qu'autre chose.

PS : je précise que la source des soi-disant 65% sont dans les liens IPSOS que j'ai placés.

Aucune réponse de votre part ?

C'est bien ce que je pensais, vous êtes intoxiqués par une idéologie néo-libérale, vous vous complaisez entre vous : une espèce de privilégiés diplômés de hautes études de commerce, entre autres, d'inspiration anglo-saxonne qui n'hésite pas à faire circuler de fausses informations pour absolument faire croire non seulement au déclin de la France mais à celui des Français.

Vous ne comprenez rien à la société dans laquelle vous vivez et là je suis extrêmement déçu, Miguel. Pas par tes opinions, elles te sont propres, mais par la façon dont tu les exposes : amalgames et généralisations.

Lorsque des forces vives, des créateurs et des talents se comportent ainsi, avec un tel mépris vis à vis de leurs compatriotes, alors oui, qu'ils aillent s'installer à l'étranger : bon vent et bonne chance.

Je le déplore mais la France n'a pas besoin de cet état d'esprit pour aller mieux, elle a besoin de tout son contraire.

José, du calme ;-) Je viens de rentrer à l'instant et n'ai pas eu le temps de lire encore tout ce que tu as écris depuis hier soir et les liens que tu m'as envoyés, ce que je vais faire maintenant... Je ne suis pas scotché à mon ordinateur 24h/24... Du coup c'est moi qui suis choqué par tes propos plutôt agressifs !

Miguel,

Je t'assure que je tiendrai compte de tes réflexions. C'est vrai que je suis plutôt énervé par de telles affirmations que j'ai tendance à lire de plus en plus souvent ici et là.

Si je me suis emporté et que tes réponses satisfont à l'idée que j'ai de toi, je rectifierai et m'excuserai aussitôt. ;)

José, avant de répondre de manière constructive à tes questions, j'ai cherché et noté les sources que j'ai citées, car je n'ai pas eu la berlue. J'ai retrouvé le passage dans le Figaro, même si c'est sur France Info que je l'avais écouté :

Extrait "Ces jeunes qui pensent vieux", Le Figaro, 9 mars 2006 :

"Des décennies d'éloges du pantouflage ont laissé des traces. L'année dernière, un sondage révélait que 76% des 15-30 ans jugeaient attractifs de devenir fonctionnaires. Cette semaine, une enquête Ipsos montre que 82% des Français encourageraient leurs enfants à entrer dans la fonction publique. C'est ce pays immobile et soucieux de sa retraite qui renoue avec son rituel gauchisant. Mais ce sont des conservatismes qui s'expriment. Ils aggravent la marginalisation des jeunes, en leur transmettant des préoccupations de vieux."

J'avais mal retenu le pourcentage qui en fait était encore plus élevé. Maintenant je note bien, et avec grand plaisir, que dans le sondage que tu cites (et dont est extrait le 82% qui suivait aussi dans l'article du Figaro), les 15-26 ans opteraient à 35% pour la fonction publique et 32% pour les PME. Super. Je continue tes lectures et je te tiens au courant :-)

Miguel,

Je ne trouve aucune trace du sondage en 2005 qui permettrait de valider les écrits de Roufiol et j'ai accès à toute la banque de sondages. Le seul chiffre qui pourrait s'apprenter à cela c'est 77% qui répondent oui à la question suivante : "Personnellement, si vous aviez l’opportunité de travailler dans chacun des secteurs suivants, dites-moi quelle serait votre attitude la plus probable :", ce que j'ai d'ailleurs relaté plus haut quant à l'importance des questions.

Mais tu peux aussi consulter le sondage suivant sur les jeunes et la création d'entreprise, ici. Là encore lis bien l'intitulé des questions.

Par ailleurs Roufiol n'est tout de même pas reconnu unanimement pour son objectivité.

Bon, au moins ces sondages remontent un peu le moral. Je retiens donc celui qui dit que 35% des 15-26 ans visent la fonction publique, 32 % les PME. Mais se pose alors un autre problème, c'est que malgré tout (j'ai quand même 18 ans d'expérience entrepreneuriale en France), je maintiens quand même ce que j'ai dis, même si on peut le nuancer avec ces chiffres, car pendant ces 18 années, ce que nous recevons sans arrêt à la figure c'est cette soi-disant mauvaise image qu'ont les salariés des patrons et que nous prenons donc pour nous, entrepreneurs/patrons. Ces sondages montrent encore une fois que ceux qui s'expriment le plus et que l'on entend le plus sont les négatifs, pas les positifs. Ce que s'empressent de relayer aussi les médias qui pensent faire plus d'audience avec du négatif que du positif.

Tu sais José, moi aussi après ces 18 années d'entrepreneuriat je suis fatigué et énervé de voir une bonne partie de la gauche de notre pays (que j'ai d'ailleurs soutenu pendant de nombreuses années quand j'étais plus jeune), syndicats en tête, stigmatiser les "patrons" comme étant les "grands salauds" de notre époque. C'est quand même dépassé ce clivage. Et pourtant ça semble super facile de surfer sur cette vague et de ne retenir du CPE que le fait que la patron va pouvoir licencier son jeune à 23 mois (c'est la seule chose que les jeunes autour de moi retiennent, sans penser d'ailleurs qu'eux-mêmes peuvent planter leur fameux patron de la même façon)..

Car même en supposant que cela ne s'adresse qu'aux grands patrons des grands multinationales, l'état d'esprit reste ancré dans la tête de beaucoup de gens, et lorsque ces gens qui pensent cela se retrouvent dans des petites structures, ils pensent quand même inconsciemment la même chose, surtout lorsque les choses vont mal. Or des "salauds", il y en a partout. Aussi bien chez les patrons, que chez les salariés. J'ai eu le temps d'en voir des deux cotés. J'espère que tu ne me diras pas le contraire, car sinon j'aurais l'impression d'avoir vécu dans un monde bien différent du tiens, ce qui pourrait aussi être la source du fameux problème.

En tout cas je pense que le plus important est d'arriver à refaire dialoguer ces deux camps, ce que tu cherches aussi je pense, et si j'ai fait ce billet que je voulais écrire depuis pas mal de temps en fait, c'est pour poser le problème, car tu ne peux pas dire que ce problème n'existe pas. Tu dis voir fleurir ce discours de plus en plus, c'est qu'il y a bien un problème, même s'il est à tes yeux exagéré. Mais il ne faut pas l'occulter. Quand tous mes copains patrons me disent la même chose, je ne l'invente pas. Quand tous mes copains salariés me décrivent comment ils voient leurs patrons, je ne l'invente pas non plus. Quand moi-même, pendant 18 ans, j'ai vu réagir, discuter, dialoguer, réfléchir, respirer les uns et les autres, je ne l'invente pas non plus. Et pourtant je ne rêve que d'une chose, que tout le monde travaille en parfaite harmonie.

Je ne demande donc qu'à ce que ressenti change, qu'à ce qu'une très grande majorité des français ne pensent plus qu'à créer des entreprises et admirent leurs entrepreneurs, soient fiers de leurs succès, aient envie de faire la même chose, redonnent leurs chances à ceux qui ont échoué, mouillent leur chemise pour faire progresser l'économie de notre pays, etc., car c'est à mon avis le seul avenir économique possible pour créer de la valeur, recréer de l'emploi, et ne pas se faire submerger par la mondialisation que personne ne peut éviter, car elle est là et bien là...

Miguel,

Je suis ravi de voir que tu nuances tout de même très fortement ton propos. ;-) Le dernier sondage vers lequel j'ai voulu t'amener montre (lien) que les jeunes Français sont 67% à vouloir créer leur entreprise si on leur en donnait la possibilité et que 68% ont une bonne image de l'entreprise. C'est pourquoi je réagis avec virulence lorsque de tels titres sont employés, qui voudraient laisser croire que les Français n'aiment pas les entreprises. Un autre sondage mené récemment montre aussi qu'en Europe 70% des salariés sont satisfaits de leurs conditions de travail.

Passé mon coup de colère, je vais donc placer un petit ajout sur mon dernier article et te prie de m'excuser pour ce coup de sang, même si je persiste à croire que l'on n'a pas le droit d'écrire que les Français n'aiment pas les entrepreneurs. Ils n'aiment pas le comportement des grandes entreprises et c'est totalement différent.

PS : je suis en train de préparer un dossier (long article) que je destinais à une histoire des plus fumeuses, totalement différente, mais qui s'avère avoir des points communs avec l'affaire Mayetic sous bien des rapports. ;-)

Si j’ai bien compris la formulation « Les français n’aiment pas leurs emtrepreneurs » gêne José qui assimile cela à une généralisation injuste.
A ce propos je note pour ma part les observations suivantes :
1- il existe en France un état d’inertie, une grande résistance au changement socio-économique, notamment lorsque celui-ci risque de toucher les différents parachutes « acquis ». Les français détestent perdre ce qu’ils ont acquis. Vu de manière isolée cela pourrait être une attitude naturelle et irréprochable, mais au sein d’un système d’économie mondial en pleine mutation, cet esprit d’individualisme et de frilosité est déjà en train de mettre en péril les intérêts à long terme de la France sur la scène mondiale.
2- le marché mondial (à l’Ouest comme à l’Est) bouge à toute vitesse et l’introduction de certains changements est indispensable. Des changements qui pourraient modifier, redéfinir, réarranger les acquis auxquels les français sont si attachés. Ne serait-ce que pour préserver l’esprit initial de ces mesures, à savoir mieux protéger les droits de chacun, certaines modifications sont indispensables de nos jours. Sans une certaine confiance et collaboration entre les différents acteurs, notamment entre les employeurs et les employés, le moindre changement ira droit dans le mur.
3- Or encore de nos jours, que ce soit dans l’esprit d’un bon nombre de nos lois (ex : le code du travail) ou dans l’esprit d’un bon nombre d'employés, lorsqu’on en vient aux intentions de l’employeur, l’approche est très méfiante et protectionniste des intérêts individuels. Concernant les règles qui régissent les relations de l’employeur et de l’employé, un employeur d’une PME démunie est traité selon la même logique et avec la même méfiance dont font l’objet les patrons de grosses boîtes bénéficiaires.
4- L’attachement considérable des français sur le plan individuel à leurs acquis leur ôte la capacité de se projeter sur le plan collectif à long terme. Ce qui rend les réformes nécessaires difficiles ou impossibles. Ces réformes sont pourtant vitales pour les PME. Un employeur de PME qui voit autant de résistance au changement de la part de ses compatriotes peut donc légitimement se demander si les français "l’aiment" vraiment ? Car il sait pertinemment que sans ces réformes ces types de boîtes sont réduites en bouillie. Le fait que les français ne soient pas prêts à mettre en péril le moindre gramme de leur statu quo sur le plan individuel, gâche leur relation non seulement avec les employeurs des petites boîtes qui finiront par "leur en vouloir", mais leurs rapports sont aussi noircis avec les différents gouvernements qui chercheraient à tenter quoi que ce soit de fondamental.
La formulation de Miguel ne me paraît donc pas être une généralisation « de mauvaise foi », mais je l’entends plutôt comme un raccourci pour illustrer ces différentes réalités que je viens d’exposer.

Entendu au journal de France 2 ce soir au sujet de manifestations du jour : "des jeunes déguisés en CRS et en patrons". C'est quand même grave, non ? N'est-ce pas une stigmatisation caractérisée du patron ? Moi aussi j'ai bien envie de me mettre en colère quand j'entends ça...

Bonsoir Miguel,
Je suis votre débat depuis le début, et je voudrais rajouter une ou deux choses.
1/ Je crois que quand vous parlez des entrepreneurs, vous avez à l'esprit des gens comme vous ou moi, responsables de petites entreprises, et soucieux du dialogue social. Nous connaissons notre sincérité et intégrité, donc certaines choses font mal quand elles sont généralisées.
2/ Il y a un rejet massif des salariés de la politique des grandes entreprises car elle a fait des dégats. On est loin des temps où l'on était fier de"faire sa vie" chez Michelin ou Renault. Et là, je crois que oui, les français ont de la méfiance vis à vis de CES entrepreneurs là.
Quant à la parodie dont vous parlez, je fais finir par croire que vous faites une fixation sur les entrepreneurs, car la représentation mise en scène est tout aussi stigmatisante pour les CRS non ? ;-) ( et pourtant il en faut aussi lol)

M Smart,

Ce que vous développez relève d'un débat plus vaste qui sortirait très vite du cadre de ce billet mais je crois très sincèrement que vous ne considérez justement pas que dans les PME les Français sont peu, voire pas du tout syndiqués. Les Français qui y travaillent ne sont donc pas rompus aux coups de force syndicaux mais bel et bien aux négociations de gré à gré.

D'autre part les Français n'ont pas peur de changer de travail mais de ne pas en retrouver, tout simplement. C'est là une nuance majeure, quel patron de petite entreprise s'est-il vu refuser l'adaption d'un emplyé à une nouvelle tâche ? S'il y a des réticences au départ quant à ce que l'employé estime au préalable de ses compétences elles disparaîssent très vite devant la nécessité.

Miguel,

Ne confonds pas des attitudes provocatrices ou parodiques de ces jeunes avec un quelconque message. Si tu es parent, combien de fois n'as-tu pas entendu que les vieux ne comprenaient rien et étaient des cons ? Il t'aurait suffi de discuter avec eux pour les comprendre.

Quant à Gaëlle, qui est ma compagne, elle s'est parfaitement rendue compte avec moi, par notre vécu commun, du cynisme d'un système économique d'entreprise qui devient impersonnel. Je développerai sous peu un billet à ce sujet.

Miguel,

Je recopie ici le commentaire en réponse au tien sur mon article :


Miguel,

Suite aux échanges que nous avons eu en commentaires sur ton billet, il se présentait deux façons pour moi de rectifier mon propos :

- Soit je modifiais le contenu de mon article;
- Soit je positionnais à postériori un avertissement.

Je n'ai pas opté la première solution parce que cela n'aurait pas reflété le cheminement de ma pensée qui était celui d'un coup de colère assagi par nos échanges ultérieurs.

J'ai donc choisi la deuxième option. Par contre je viens de m'aperçois que j'avais positionné cet avertissement dans un champ où normalement je ne positionne que les logos "Europeus" ou "AgoraVox" lorsque mes articles y sont publiés. Ce champ n'apparait pas sur la page qui permet d'accéder aux commentaires et qui est celle que tu as du suivre par mon trackback, c'est donc une erreur "technique" dont je me suis rendu compte qu'après ta critique à mon sujet et je t'assure que j'en suis navré. C'est rectifié. Toutefois cet avertissement était bel et bien visible sur les pages "normales" dès que j'ai pu lire tes réponses sur ton blog. Je recopie aussitôt ce commentaire sur ton blog pour que tu en sois informé le plus vite possible.

Je viens de retrouver le fameux sondage parlant des 75% de jeunes de 15 à 30 ans favorables à la fonction publique :

Sondage ipsos du 1er juin 2004

Miguel,

Ces chiffres n'ont pas varié et sont les mêmes que ceux que je t'ai montrés dans le même sondage réalisé cette année. Mais la question posée est :

"Vous personnellement, si vous en aviez l'opportunité, aimeriez-vous travailler dans la fonction publique ?"

En lisant correctement la question, tu aurais répondu quoi toi ? Franchement ?

Après mon doctorat de sciences, une "brillante" carrière de chercheur en informatique s'offrait à moi dans diverses universités ou organismes de recherche publics. Pourtant j'ai fait le choix délibéré de créer mon entreprise. Ma réponse à cette question a donc été non, et je referais la même chose si c'était à refaire.

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